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HARRIET TUBMAN, « LA MOÏSE NOIRE »

À l’occasion du Black History Month, la Maison French Deal souhaite mettre en avant des personnalités, des histoires et des faits historiques marquants de la Black Culture. À travers cet article, nous vous invitons à découvrir Harriet Tubman « La Moïse Noire », figure de la révolte des esclaves aux États-Unis au 19ème siècle.

Une jeunesse difficile mais l’espoir de s’en sortir

Harriet Tubman naît vers 1822 dans une plantation du Maryland. Née “Araminta Ross”, elle est la cinquième d’une fratrie de neuf enfants. Très tôt, la grande famille est séparée et dispersée dans plusieurs plantations du pays.

Enfant, Harriet fut témoin d’une scène qui marqua sa vie à tout jamais. Un jour, sa mère menaça un commerçant blanc venu à la plantation pour l’acquisition d’une de ses filles. Suite à cet acte de bravoure, la vente fut annulée. Le courage et la résistance de sa mère inspirèrent Harriet tout au long de sa vie.

Harriet vivait chez son propriétaire, Edward Brodess. Mais dès son plus jeune âge, dès ses 6 ans, elle est louée à d’autres propriétaires, plus cruels les uns que les autres. Elle endura des années de violences inhumaines. Elle raconta une violence lui ayant laissé des séquelles à vie : un contremaître lança un poids d’environ un kilo dans sa direction, la frappant à la tête. Le coup sévère qui en résulta lui causa des crises d’épilepsie intermittentes, jusqu’à la fin de sa vie. Dès lors et à cause de sa blessure, elle craint d’être revendue et envisage donc de s’échapper à pied vers la Pennsylvanie (l’un des premiers états du pays à avoir aboli l’esclavage). Durant l’automne 1849, elle s’évade vers le nord, laissant derrière elle son mari, homme libre, qui ne voulait pas la suivre. Elle est aidée par “l’underground railroad”, chemin de fer clandestin qui aidait les esclaves à fuir vers le Nord.

La liberté pour tous

Peu de temps après son arrivée en Pennsylvanie, Harriet décide de repartir pour libérer sa famille et d’autres esclaves. Mais en 1850 une loi est votée pour punir tous ceux qui aident les esclaves à fuir. Harriet continue alors encore plus au Nord et accompagne les esclaves jusqu’au Canada. Il fut estimé qu’elle sauvera ainsi environ 300 esclaves en 20 voyages, sans jamais perdre un seul homme en cours de route. Sa notoriété et sa réussite attirent nombre d’opposants qui veulent la capturer. Mais d’un autre côté, ses exploits redonnent espoir aux esclaves voyant en elle une nouvelle Moïse (d’où son surnom la « Moïse Noire »).

Un rôle important pendant la guerre de Sécession

Lorsque la guerre de Sécession (guerre civile) éclate aux États-Unis, Harriet s’engage aux côtés de diverses troupes de l’Union (23 États qui ne faisaient pas partie de la Confédération) : infirmière, cuisinière, éclaireuse et espionne. Sa détermination sans précédent et son courage inspirent le respect jusqu’aux plus hauts échelons de l’État-major unioniste. Elle participe à une importante opération en Caroline du Sud, permettant à des centaines d’esclaves de s’échapper.

Mais malgré sa totale implication pour l’abolition de l’esclavage, elle vit dans la misère toute sa vie et doit attendre plus de 30 ans pour toucher une pension militaire.

Une figure de lutte respectée

Figure respectée, Harriet Tubman s’engage aussi pour le droit de vote des femmes.

Après une longue vie de combat pour sa liberté et celle des autres, sous toutes ses formes, Harriet Tubman meurt à 91 ans. Lors de son enterrement, elle reçoit les honneurs militaires.

Et si l’histoire d’Harriet Tubman est très documentée, elle reste aussi l’un des seuls récits de femmes esclaves parvenue entre les mains des historiens du 20e et 21e siècle.

Depuis 1990, chaque année, à la date du 10 mars, est célébré le “Harriet Tubman Day” aux États-Unis.

Lors de son mandat, Barack Obama avait promis de faire figurer le visage d’Harriet sur les billets de 20 dollars, un projet finalement annulé par Donald Trump. Mais le nouveau président Joe Biden, suite à son investiture du 20 Janvier 2021, relance le projet. Une symbolique forte et redonnant espoir à une Amérique divisée par le président Trump.”