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L’AUTRE COMBAT DE MOHAMED ALI

À l’occasion du Black History Month, la Maison French Deal souhaite mettre en avant des personnalités, des histoires et des faits historiques marquants de la Black Culture. À travers cet article, nous vous invitons à découvrir Mohamed Ali et son autre combat, portant la voix du peuple noir.

Né le 17 janvier 1942 à Louisville, dans le Kentucky, Cassius Marcellus Clay grandit dans une modeste famille noire. Il découvre la boxe dès son plus jeune âge. Ce qui n’était alors qu’un jeu devient une véritable passion. Et c’est à 18 ans qu’il remporte la médaille d’or des mi-lourds aux Jeux olympiques de 1960, à Rome.

Alors devenu professionnel, le jeune Clay remporte ses 19 combats. Ce début de carrière sans-faute l’amène à affronter Sonny Liston, le champion du monde des poids lourds en titre, en février 1964. Contre toute attente, le jeune boxeur évince son ainé par KO au septième round. Nul doute, la légende est en marche.

Son engagement pour les droits civiques des afro-américains 

À la même époque, le sportif s’engage dans un tout autre combat, celui en faveur des droits civiques des Afro-Américains. Il rejoint la Nation of Islam d’Elijah Mohamed. Il se convertit ensuite à l’islam et abandonne son patronyme, qu’il qualifie « un nom d’esclave », pour devenir Mohamed Ali. Dès lors, il ne ratera pas la moindre occasion de dénoncer le racisme de l’Amérique blanche.

Dans ce combat pour les droits civiques des afro-américains, il se lie d’amitié avec Malcolm X et d’autres figures du mouvement.

Sa découverte de l’Afrique et du panafricanisme 

En mai 1964, Mohamed Ali entreprend son tout premier voyage en Afrique. C’est par le Ghana, alors dirigé par Kwame Nkrumah, père du panafricanisme, que le jeune boxeur commence sa découverte du continent. Pendant plusieurs semaines, il s’imprègne de la culture et rencontre la population locale, auprès de laquelle il est immensément populaire. Cette immersion change radicalement son regard sur l’Afrique. Il découvre un continent riche et bien au-delà de tous les clichés, qu’il avait jusqu’à lors comme référence. La visite du pays est un véritable succès.

Suite à ce voyage très marquant et enrichissant sur tous les plans, Ali se sent entièrement investi de nouvelles responsabilités quant à la lutte contre le colonialisme et contre les préjugés dont sont victimes les Africains. Il déclare même : « Jusqu’à ce que je vienne au Ghana, je n’avais jamais pris conscience que j’étais si populaire et si aimé par les Africains, mon peuple. »

Son retour aux États-Unis

De retour aux États-Unis, Mohamed Ali, avec ses idées fortes et n’ayant pas sa langue dans sa poche, dérange. En 1966, appelé à s’engager au front, il refuse d’aller combattre au Vietnam, pour des raisons religieuses. Pour le gouvernement, ce refus de s’engager pour sa patrie est un véritable affront. Ali est donc condamné à cinq ans d’emprisonnement. Et s’il réussit à éviter la prison, il perd tout de même sa licence de boxe et son titre. Mais malgré les sanctions, Ali ne se plie pas aux administrations et continue à parler haut et fort, et à dénoncer le racisme et les injustices.

En 1970, la Cour Suprême des États-Unis donne raison au champion. Suite à cette décision en sa faveur, Ali n’a qu’une seule idée en tête : retrouver son titre de champion mondial, alors détenu par Joe Frazier. Les deux poids lourds s’affrontent en mars 1971 à New York City. Ali ne réussit pas à reconquérir sa couronne mais son espoir de récupérer son titre reste intact. 

Le 30 octobre 1974 symbolise le retour d’Ali au rang de meilleur boxeur. Il récupère son titre de champion du monde face à George Foreman, à Kinshasa, au Zaïre. Ce combat légendaire surnommé « le combat de la jungle » reste encore aujourd’hui l’un des plus grands combats dans l’histoire de la boxe.

Jusqu’à ses 74 ans, le champion mena deux combats : un à la force de ses mains sur le ring et un à la force de ses mots contre le racisme et l’injustice envers les populations noires.

 

CLAUDETTE COLVIN

C’est le 2 Mars 1955 à Montgomery, en Alabama, que Claudette Colvin « se lève et prend la parole » en restant assise. À seulement 15 ans, cette adolescente refuse de céder sa place à une femme blanche dans un autobus. 

9 mois avant l’action de Rosa Parks, figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale, Claudette Colvin prenait déjà position pour le respect de ses droits et ceux de tous les afro-américains.

Aujourd’hui âgée de 80 ans, Claudette Colvin continue son combat en partageant son histoire. Elle a été invitée, en mars 2020, au « Embrace Ambition Summit » organisée par la Fondation Tory Burch, à New York City. 

Retrouvez son interview avec Michele Norris ici.