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HARRIET TUBMAN, « LA MOÏSE NOIRE »

À l’occasion du Black History Month, la Maison French Deal souhaite mettre en avant des personnalités, des histoires et des faits historiques marquants de la Black Culture. À travers cet article, nous vous invitons à découvrir Harriet Tubman « La Moïse Noire », figure de la révolte des esclaves aux États-Unis au 19ème siècle.

Une jeunesse difficile mais l’espoir de s’en sortir

Harriet Tubman naît vers 1822 dans une plantation du Maryland. Née “Araminta Ross”, elle est la cinquième d’une fratrie de neuf enfants. Très tôt, la grande famille est séparée et dispersée dans plusieurs plantations du pays.

Enfant, Harriet fut témoin d’une scène qui marqua sa vie à tout jamais. Un jour, sa mère menaça un commerçant blanc venu à la plantation pour l’acquisition d’une de ses filles. Suite à cet acte de bravoure, la vente fut annulée. Le courage et la résistance de sa mère inspirèrent Harriet tout au long de sa vie.

Harriet vivait chez son propriétaire, Edward Brodess. Mais dès son plus jeune âge, dès ses 6 ans, elle est louée à d’autres propriétaires, plus cruels les uns que les autres. Elle endura des années de violences inhumaines. Elle raconta une violence lui ayant laissé des séquelles à vie : un contremaître lança un poids d’environ un kilo dans sa direction, la frappant à la tête. Le coup sévère qui en résulta lui causa des crises d’épilepsie intermittentes, jusqu’à la fin de sa vie. Dès lors et à cause de sa blessure, elle craint d’être revendue et envisage donc de s’échapper à pied vers la Pennsylvanie (l’un des premiers états du pays à avoir aboli l’esclavage). Durant l’automne 1849, elle s’évade vers le nord, laissant derrière elle son mari, homme libre, qui ne voulait pas la suivre. Elle est aidée par “l’underground railroad”, chemin de fer clandestin qui aidait les esclaves à fuir vers le Nord.

La liberté pour tous

Peu de temps après son arrivée en Pennsylvanie, Harriet décide de repartir pour libérer sa famille et d’autres esclaves. Mais en 1850 une loi est votée pour punir tous ceux qui aident les esclaves à fuir. Harriet continue alors encore plus au Nord et accompagne les esclaves jusqu’au Canada. Il fut estimé qu’elle sauvera ainsi environ 300 esclaves en 20 voyages, sans jamais perdre un seul homme en cours de route. Sa notoriété et sa réussite attirent nombre d’opposants qui veulent la capturer. Mais d’un autre côté, ses exploits redonnent espoir aux esclaves voyant en elle une nouvelle Moïse (d’où son surnom la « Moïse Noire »).

Un rôle important pendant la guerre de Sécession

Lorsque la guerre de Sécession (guerre civile) éclate aux États-Unis, Harriet s’engage aux côtés de diverses troupes de l’Union (23 États qui ne faisaient pas partie de la Confédération) : infirmière, cuisinière, éclaireuse et espionne. Sa détermination sans précédent et son courage inspirent le respect jusqu’aux plus hauts échelons de l’État-major unioniste. Elle participe à une importante opération en Caroline du Sud, permettant à des centaines d’esclaves de s’échapper.

Mais malgré sa totale implication pour l’abolition de l’esclavage, elle vit dans la misère toute sa vie et doit attendre plus de 30 ans pour toucher une pension militaire.

Une figure de lutte respectée

Figure respectée, Harriet Tubman s’engage aussi pour le droit de vote des femmes.

Après une longue vie de combat pour sa liberté et celle des autres, sous toutes ses formes, Harriet Tubman meurt à 91 ans. Lors de son enterrement, elle reçoit les honneurs militaires.

Et si l’histoire d’Harriet Tubman est très documentée, elle reste aussi l’un des seuls récits de femmes esclaves parvenue entre les mains des historiens du 20e et 21e siècle.

Depuis 1990, chaque année, à la date du 10 mars, est célébré le “Harriet Tubman Day” aux États-Unis.

Lors de son mandat, Barack Obama avait promis de faire figurer le visage d’Harriet sur les billets de 20 dollars, un projet finalement annulé par Donald Trump. Mais le nouveau président Joe Biden, suite à son investiture du 20 Janvier 2021, relance le projet. Une symbolique forte et redonnant espoir à une Amérique divisée par le président Trump.”

JAMES BALDWIN ET « I AM NOT YOUR NEGRO »

À l’occasion du Black History Month, la Maison French Deal souhaite mettre en avant des personnalités, des histoires et des faits historiques marquants de la Black Culture. À travers cet article, nous vous invitons à découvrir le célèbre écrivain et militant James Baldwin ainsi que “I AM NOT YOUR NEGRO”, documentaire retraçant l’évolution d’une Amérique raciste à travers les figures de la lutte contre la ségrégation. 

James Baldwin, une jeunesse remplie de désillusion 

James Baldwin naît en 1924 à New York, en plein cœur d’une Amérique divisée et symbole de ségrégation raciale. À cette époque, être une personne noire signifie ne pas être libre, être banni de certains lieux, avoir peur de mourir sous les coups de la police ou la violence du Ku Klux Klan.

Élevé à Harlem, quartier pauvre de la ville de New York, James Baldwin est extrêmement intelligent et doté d’un véritable don pour l’écriture. Passionné par la lecture et les livres, il trouve refuge dans les bibliothèques pour échapper à son quotidien difficile. Et bien que son talent soit vite remarqué, le jeune Baldwin réalise rapidement que le rêve américain ne lui sera pas réservé, étant noir.

Durant son adolescence, il rencontre des artistes noirs qui l’inspirent à suivre ses rêves et devenir écrivain. À 19 ans, il est témoin des émeutes d’Harlem. Il restera marqué à vie par les violences policières sur la communauté noire auxquelles il assiste lors de ces émeutes. En 1955, il publie un essai à ce sujet : Notes of a Native Son. 

Quelques années plus tard, durant sa jeune vie d’adulte, James Baldwin tourmenté par son homosexualité et prenant conscience de la difficulté de vivre aux États-Unis pour un homme noir et homosexuel, il décide de fuir. Son lieu d’exil ? La France.

Se sentir enfin libre, en France

À partir de 1948, James Baldwin vit en France et comprend enfin le sens du mot liberté, sous tous ces aspects. Il s’entoure d’artistes et d’intellectuels comme Joséphine Baker et Maya Angelou et se consacre pleinement à sa passion : l’écriture. Il restera en France pendant 8 ans et publiera Go Tell It on the Mountain (1953), Notes of a Native Son (1955) et Giovanni’s Room (1956). Ces écrits resteront des symboles d’une pensée déjà très novatrice pour l’époque abordant l’homosexualité, la bisexualité, mais aussi l’identité et le racisme. 

En 1956, l’actualité de son pays natal rattrape l’écrivain. Suite à une décision lourde de sens de la Cour Suprême, le pays vit des tensions raciales sans précédent. En effet, deux ans plus tôt, les arrêts Brown v. Board of Education mettent fin à la ségrégation raciale des écoles publiques. Mais l’Amérique blanche ne veut rien savoir et fait tout pour conserver cette ségrégation en place. James Baldwin est au courant et voit les terribles images des émeutes de Little Rock, dans l’Arkansas. Suite à ces horreurs, il décide de rentrer au pays.

De retour aux États-Unis

À son retour, James Baldwin part pour le sud des États-Unis où il rejoint le mouvement des droits civiques. Avec cet engagement pour son peuple, il se lie d’amitié avec Malcom X, Martin Luther King ou encore Medgar Evers, grand leader de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis et dans le monde. 

James Baldwin affiche clairement son combat pour la lutte des droits civiques pour la population noire américaine. Grand écrivain et orateur, il débat sans relâche sur divers plateaux de télévision afin d’éduquer les Blancs aux conséquences du racisme. 

Grâce au travail des militants pour les droits civiques, les choses avancent petit à petit.

Et en 1964, le président américain de l’époque, Lyndon Johnson, signe le Civil Rights Act, loi interdisant la discrimination raciale et donc la ségrégation.

Bien que conscient de l’avancée du mouvement dans cette lutte, des nouvelles terribles bouleversent la vie de James Baldwin. Ces 3 amis et compagnons de lutte Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King ainsi que le président J.F. Kennedy, sont successivement assassinés. Baldwin décide d’en finir avec les États-Unis et revient s’installer en France en 1970. Et c’est dans sa maison de Saint-Paul-de-Vence dans le sud-est de la France qu’il continuera d’écrire jusqu’à sa mort en 1987. 

Le documentaire « I AM NOT YOUR NEGRO »

Dans ses dernières années de vie, le célèbre écrivain James Baldwin entama la rédaction d’un livre sur l’Amérique en tirant le portrait de ses trois amis assassinés, figures de la lutte pour les droits civiques : Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King Jr. 

Partant de ce récit inachevé, le réalisateur Raoul Peck décide de rebâtir la pensée de Baldwin à partir de ses notes, ses discours et ses lettres. Une fois tous les éléments mis bout à bout, il en a fait un documentaire intitulé « I AM NOT YOUR NEGRO ». Ce film, sorti en 2017 est salué dans le monde entier, sélectionné aux Oscars et remporte le César du meilleur documentaire en 2018. 

La Maison French Deal vous invite à découvrir ce documentaire, doublé par le rappeur JoeyStarr et actuellement disponible sur Netflix.

L’AUTRE COMBAT DE MOHAMED ALI

À l’occasion du Black History Month, la Maison French Deal souhaite mettre en avant des personnalités, des histoires et des faits historiques marquants de la Black Culture. À travers cet article, nous vous invitons à découvrir Mohamed Ali et son autre combat, portant la voix du peuple noir.

Né le 17 janvier 1942 à Louisville, dans le Kentucky, Cassius Marcellus Clay grandit dans une modeste famille noire. Il découvre la boxe dès son plus jeune âge. Ce qui n’était alors qu’un jeu devient une véritable passion. Et c’est à 18 ans qu’il remporte la médaille d’or des mi-lourds aux Jeux olympiques de 1960, à Rome.

Alors devenu professionnel, le jeune Clay remporte ses 19 combats. Ce début de carrière sans-faute l’amène à affronter Sonny Liston, le champion du monde des poids lourds en titre, en février 1964. Contre toute attente, le jeune boxeur évince son ainé par KO au septième round. Nul doute, la légende est en marche.

Son engagement pour les droits civiques des afro-américains 

À la même époque, le sportif s’engage dans un tout autre combat, celui en faveur des droits civiques des Afro-Américains. Il rejoint la Nation of Islam d’Elijah Mohamed. Il se convertit ensuite à l’islam et abandonne son patronyme, qu’il qualifie « un nom d’esclave », pour devenir Mohamed Ali. Dès lors, il ne ratera pas la moindre occasion de dénoncer le racisme de l’Amérique blanche.

Dans ce combat pour les droits civiques des afro-américains, il se lie d’amitié avec Malcolm X et d’autres figures du mouvement.

Sa découverte de l’Afrique et du panafricanisme 

En mai 1964, Mohamed Ali entreprend son tout premier voyage en Afrique. C’est par le Ghana, alors dirigé par Kwame Nkrumah, père du panafricanisme, que le jeune boxeur commence sa découverte du continent. Pendant plusieurs semaines, il s’imprègne de la culture et rencontre la population locale, auprès de laquelle il est immensément populaire. Cette immersion change radicalement son regard sur l’Afrique. Il découvre un continent riche et bien au-delà de tous les clichés, qu’il avait jusqu’à lors comme référence. La visite du pays est un véritable succès.

Suite à ce voyage très marquant et enrichissant sur tous les plans, Ali se sent entièrement investi de nouvelles responsabilités quant à la lutte contre le colonialisme et contre les préjugés dont sont victimes les Africains. Il déclare même : « Jusqu’à ce que je vienne au Ghana, je n’avais jamais pris conscience que j’étais si populaire et si aimé par les Africains, mon peuple. »

Son retour aux États-Unis

De retour aux États-Unis, Mohamed Ali, avec ses idées fortes et n’ayant pas sa langue dans sa poche, dérange. En 1966, appelé à s’engager au front, il refuse d’aller combattre au Vietnam, pour des raisons religieuses. Pour le gouvernement, ce refus de s’engager pour sa patrie est un véritable affront. Ali est donc condamné à cinq ans d’emprisonnement. Et s’il réussit à éviter la prison, il perd tout de même sa licence de boxe et son titre. Mais malgré les sanctions, Ali ne se plie pas aux administrations et continue à parler haut et fort, et à dénoncer le racisme et les injustices.

En 1970, la Cour Suprême des États-Unis donne raison au champion. Suite à cette décision en sa faveur, Ali n’a qu’une seule idée en tête : retrouver son titre de champion mondial, alors détenu par Joe Frazier. Les deux poids lourds s’affrontent en mars 1971 à New York City. Ali ne réussit pas à reconquérir sa couronne mais son espoir de récupérer son titre reste intact. 

Le 30 octobre 1974 symbolise le retour d’Ali au rang de meilleur boxeur. Il récupère son titre de champion du monde face à George Foreman, à Kinshasa, au Zaïre. Ce combat légendaire surnommé « le combat de la jungle » reste encore aujourd’hui l’un des plus grands combats dans l’histoire de la boxe.

Jusqu’à ses 74 ans, le champion mena deux combats : un à la force de ses mains sur le ring et un à la force de ses mots contre le racisme et l’injustice envers les populations noires.

 

TOUSSAINT LOUVERTURE ET LA RÉVOLUTION HAITIENNE

À l’occasion du Black History Month, la Maison French Deal souhaite mettre en avant des personnalités, des histoires et des faits historiques marquants de la Black Culture. À travers cet article, nous vous invitons à découvrir Toussaint Louverture, le chef noir de la Révolution haïtienne.

Toussaint est né esclave dans la plantation de Bréda en 1743 sur l’île de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti), fils d’une famille béninoise. Étant considéré comme le protégé du propriétaire, il est affranchi en 1776 et prend la tête d’une exploitation de café avec une dizaine d’esclaves. 

Quelques années plus tard, en 1789, la Révolution française éclate en métropole. 

Et en août 1791, la cérémonie vaudoue du Bois-Caïman marque le début de la révolte des esclaves noirs pour leur liberté. Bien que les Français répriment les insurgés, la révolte continue. Toussaint rejoint alors les insurgés et se révèle être un élément très important et un fervent stratège militaire. Le nom Louverture lui est donné en raison de sa bravoure. Toussaint Louverture se présente le 29 août 1793 comme le chef noir de la Révolution haïtienne. Il commande l’insurrection et fait tout pour unir les esclaves noirs autour d’un espoir commun de liberté.

La Révolution française soutient ce mouvement de fond ce qui provoque l’invasion britanico-espagnole de l’île de Saint-Domingue, alliés des Royalistes blancs. Léger-Félicité Sonthonax, révolutionnaire français, présent sur place, proclame dès lors l’acte d’abolition de l’esclavage repris ensuite pour tous les territoires républicains. L’Espagne capitule peu de temps après.

Toussaint Louverture combat désormais pour le général Laveaux, gouverneur de Saint-Domingue. Peu de temps après, en 1796, Louverture est nommé lieutenant-gouverneur, puis commandant en chef de l’armée en 1797. Il combat les Britanniques, qui capitulent, tout comme les Espagnols auparavant. 

Bonaparte le nomme général de Saint-Domingue en 1801. Suite à ce titre, Toussaint Louverture élabore une constitution cette même année pour déclarer l’indépendance de la colonie et se nommer gouverneur à vie. La France envoie alors des milliers d’hommes afin de reconquérir l’île. Toussaint Louverture est déporté en France où il meurt en 1803.

À Saint-Domingue, le 18 novembre 1803, le commandant Donatien de Rochambeau et ses troupes capitulent devant les révolutionnaires haïtiens, prêts à tout pour enfin être libres. Le successeur de Toussaint Louverture, le général Dessalines, proclamera l’indépendance de l’île le 1er janvier 1804. C’est à cette date que Saint-Domingue reprendra son nom originel : Haïti.

LE STRANGE FRUIT DE BILLIE HOLIDAY

À l’occasion du Black History Month, la Maison French Deal souhaite mettre en avant des personnalités, des histoires et des faits historiques marquants de la Black Culture. À travers cet article, nous vous invitons à découvrir l’histoire de la chanson « Strange Fruit » interprétée par la chanteuse Billie Holiday, devenue un hymne antiraciste.

Avant d’être considérée comme la plus grande chanson du XXe siècle par le magazine américain Time, « Strange Fruit » est un poème : « Bitter Fruit ». Ce poème est publié en 1937 par Abel Meeropol, professeur d’un lycée du Bronx. Il lui a été inspiré par une photo où deux jeunes afro-américains se font lyncher dans l’Indiana. Avec l’aide de sa femme, il met le poème en chanson,  c’est la naissance de « Strange Fruit ».

Le « Strange Fruit » (« fruit étrange » en français) de la chanson évoque le corps d’un Noir pendu à un arbre. Quand Abel Meeropol propose cette chanson à la chanteuse Billie Holiday, déjà connue à l’époque comme une artiste jazz et blues hors pair, elle hésite avant de l’interpréter. Elle se démarque entièrement de son répertoire habituel, ponctué de chansons d’amour. Mais Billie Holiday comprend vite l’engagement fort porté par « Strange Fruit ». La chanson résonne en elle et lui rappelle le racisme subi par son père, mort d’une pneumonie après que plusieurs hôpitaux du sud ségrégationniste ont refusé de le soigner.

Elle enregistre « Strange Fruit » en 1939 avec le label Commodore, après que le label Columbia avec lequel elle travaillait refusa de prendre le risque d’être associé à cette chanson. Elle l’interprète pour la première fois dans le club de jazz new-yorkais où elle travaille, le Cafe Society. Tous les serveurs du club se sont arrêtés de servir afin de ne laisser place qu’à la voix de Billie Holiday. Cette interprétation plonge la salle dans un lourd silence. Il faudra plusieurs secondes au public pour qu’il se mette à applaudir, sous le choc de la force de cette interprétation.

« Strange Fruit » devient rapidement un succès, mais un succès gênant. Le sud ségrégationniste est encore très influent au sein des partis politiques et des médias. Les radios ne diffusent pas la chanson. Mais le bouche-à-oreille va faire connaître « Strange Fruit » et va attirer énormément de monde au Cafe Society. Les années 40 et 50 sont difficiles pour Billie Holiday, certains clubs refusent qu’elle joue la chanson. Elle est parfois obligée de l’imposer contractuellement. Certains soirs, elle se plaint même des serveurs qui font volontairement du bruit avec leur caisse enregistreuse pendant toute la durée de la chanson.

Bien que « Strange Fruit » fasse partie intégrante de l’histoire de la musique américaine, la chanson est très peu interprétée. Pour beaucoup, l’interprétation de Billie Holiday est jugée déstabilisante et parfois même douloureuse à entendre par sa force. Mais celle-ci reste dans tous les esprits.

Pour le mouvement des droits civiques, « Strange Fruit » a eu un effet comparable au refus de Rosa Parks de céder sa place à un blanc dans un bus, le 1er décembre 1955. Aucune autre chanson n’est aussi intimement liée au combat politique des afro-américains pour l’égalité.

TOMMIE SMITH ET JOHN CARLOS (JEUX OLYMPIQUES 1968)

À l’occasion du Black History Month, la Maison French Deal souhaite mettre en avant des personnalités, des histoires et des faits historiques marquants de la Black Culture. À travers cet article, nous vous invitons à découvrir l’histoire de cette célèbre photo prise lors des Jeux olympiques de 1968.

Les Jeux olympiques de Mexico (Mexique), célébrés en octobre 1968, ont été fortement marqués par différents événements politiques. L’assassinat de Martin Luther King à Memphis (États-Unis) cinq mois plus tôt a notamment fait monter la révolte contre la ségrégation raciale aux États-Unis. Cette lutte a été représentée par l’action des athlètes afro-américains Tommie Smith et John Carlos.

Le 16 octobre 1968, Tommie Smith et John Carlos arrivent premier et troisième du 200 mètres. Les deux athlètes remportent respectivement les médailles d’or et de bronze à l’épreuve.

Le lendemain, ils montent sur le podium en chaussettes noires sans chaussures avec leurs médailles autour du cou pour la levée du drapeau des États-Unis et l’hymne américain. Alors que l’hymne retentit, les deux athlètes baissent la tête et lèvent chacun un poing ganté de noir qu’ils maintiennent levé jusqu’à la fin de l’hymne, sous les yeux du monde entier. Ce geste de révolte vient dénoncer la discrimination raciale aux États-Unis. Cet instant historique est également marqué par le soutien de l’athlète médaillé d’argent, l’australien Peter Norman. Comme Tommie Smith et John Carlos, il porte un badge de l’Olympic Project for Human Rights, une organisation luttant contre la ségrégation raciale, sur son blouson. Le scandale est immédiat.

Le président du Comité International Olympique, Avery Brundage, déclare alors qu’une protestation concernant la politique intérieure d’un pays n’a pas sa place au sein d’un évènement apolitique tels que les Jeux olympiques. En réponse à leur action, les deux athlètes américains sont bannis du village olympique dès le lendemain. Ils sont également suspendus et interdits de compétition à vie. L’athlète australien Peter Norman sera lui aussi mis à l’écart par son pays.

À la suite de ce geste, Tommie Smith et John Carlos reçoivent des menaces de mort contre eux et leur famille. Ils ne seront valorisés que plusieurs décennies plus tard avec leur intronisation au Temple de la renommée de l’athlétisme des États-Unis en 1978 et en 2003, leur remise du prix Arthur Ashe Courage Award en hommage à leur geste en 2008 et leur invitation à la Maison Blanche par le président Barack Obama en 2016.

Plus de cinquante ans plus tard, le geste et la photo prise lors de cet événement restent des symboles forts de la lutte contre la discrimination raciale.

BLACK HISTORY MONTH

Le Black History Month est une célébration annuelle de l’histoire des Afro-Américains et de la diaspora africaine. Aux Etats-Unis, c’est un moment de reconnaissance de leur rôle central célébré chaque mois de février.

Le commencement

L’histoire du Black History Month commence en 1915, un demi-siècle après que le treizième amendement ait aboli l’esclavage aux États-Unis. En septembre 1915, l’historien Carter G. Woodson, formé à Harvard, et l’éminent ministre Jesse E. Moorland ont fondé l’Association for the Study of Negro Life and History (ASNLH), une organisation dont la mission est de rechercher, préserver et promouvoir la culture et les réalisations des Afro-descendants.

Connu aujourd’hui sous le nom d’Association for the Study of African American Life and History (ASALH), le groupe a parrainé la “Negro History Week” en 1926, choisissant la deuxième semaine de février pour coïncider avec les anniversaires d’Abraham Lincoln et de Frederick Douglass.

L’événement a incité les écoles et les communautés de tout le pays à organiser des célébrations locales, à créer des clubs d’histoire et à accueillir des spectacles et des conférences.

Naissance du Black History Month

Dans les décennies qui ont suivi, les maires des villes de tout le pays ont commencé à publier des proclamations annuelles reconnaissant la Negro History Week. À la fin des années 1960, grâce en partie au mouvement des droits civiques et à une prise de conscience croissante de l’identité noire, la Negro History Week s’est transformée en Black History Month sur de nombreux campus universitaires.

Le président Gerald Ford a officiellement reconnu le Black History Month en 1976, appelant le public à “saisir l’opportunité d’honorer les réalisations trop souvent négligées des Noirs américains dans tous les domaines d’activité au cours de notre histoire”.

Depuis 1976, chaque président américain désigne le mois de février comme le Black History Month et adopte un thème spécifique.

Le thème du Black History Month 2021 “Black Family : Representation, Identity and Diversity” explore la diaspora africaine et la répartition des familles noires à travers les États-Unis. 

MARTIN LUTHER KING DAY

Aujourd’hui, lundi 18 janvier 2021, 3ème lundi du mois, nous rendons hommage. 

Né le 15 janvier 1929 à Atlanta, Martin Luther King a marqué l’histoire avec sa lutte pour les droits civiques et son combat pour le peuple noir. 

Après des études de théologie, il devient pasteur dans une église baptiste de Montgomery, dans l’Alabama en 1955. À cette époque, la ségrégation entre blancs et noirs est très répandue aux États-Unis. La même année, le 1er décembre, Rosa Parks refuse de céder sa place à un blanc dans un bus de la ville et se fait interpeller par la police. C’est pour lutter contre cette injustice que les personnes noires de Montgomery lancent un appel au boycott. Une organisation est donc créée et Martin Luther King est élu à sa tête. Pendant de longs mois, le boycott continue malgré les tentatives d’intimidation sur le pasteur : attentat contre son domicile, emprisonnement. Finalement, la Cour Suprême des Etats-Unis donne tort à la compagnie de bus. 

Poussé par cette victoire, il décide d’étendre sa lutte pour les droits civiques des noirs sur l’ensemble du pays. Participant à des actions toujours non-violentes, il est tout-de-même emprisonné à plusieurs reprises.

C’est le 28 août 1963 que Martin Luther King prend la tête de la marche pour le travail et la liberté à Washington. Devant 250 000 personnes, il prononce son célèbre discours  « I have a dream ». Un an plus tard, il est reçu par le président Kennedy et reçoit le Prix Nobel de la Paix.

Et alors qu’il prépare une nouvelle marche contre la pauvreté, il est assassiné sur le balcon de sa chambre d’hôtel à Memphis le 4 avril 1968.

Il a joué un rôle majeur pour l’émancipation des Afro-américains et la prise de conscience de l’injustice de la ségrégation aux États-Unis. Et plus de cinquante ans après sa mort, le “rêve” de Martin Luther King continue de résonner dans la tête de nombreuses personnes.

LA DANSE ZOULOU

Le peuple Zoulou représente l’ethnie la plus importante d’Afrique du Sud, dont la culture est la plus connue. 

Dans l’histoire du pays, la danse a toute son importance. Elle a d’abord été une forme de célébration des ancêtres et des guerriers. Par la suite, pendant l’apartheid, malgré l’absence de moyens et l’interdiction, elle fut une forme d’expression clandestine et un moyen d’échapper à la dure réalité. 

Aujourd’hui, la musique et la danse occupent toujours une grande place chez les Zoulous, connus pour leurs belles voix et leur sens du rythme. La danse zoulou est donc très rythmée. Elle est pratiquée par les hommes et les femmes, dansant en groupes séparés. Un groupe répond à l’autre en chantant, sifflant et tapant des mains. Les hommes animent souvent leurs chorégraphies avec des gestes de bataille et de chasse. La danse zoulou est rythmée grâce à différents instruments à corde et à vent mais les plus importants restent le tambour et le sifflet, instruments traditionnels.

LE PEUPLE NOUBA

SUDAN. Kordofan. Men from the Kao-Nyaro tribe waiting to take part ina match. They wear lethal bracelets, each weighing 2 kilos with two inch double flanges.  The function of the bracelt seems to be to crack open the skull of the oponent. 1949.

Le peuple Nouba est composé de plus de 50 ethnies vivant dans une région du sud du Soudan connue sous le nom de Monts Nouba. Bien que ces ethnies soient originaires de divers endroits et parlent une multitude de langues, leur géographie commune les qualifie en tant que Peuple Nouba. Selon quelques estimations, il y aurait environ 2,5 millions de Noubas, incluant ceux qui ont quitté la région initiale.

Les différents groupes ethniques du peuple Nouba sont reconnaissables avec leur couleur de la peau (variant de plus foncée à plus claire) ou encore leur taille (certains groupes sont très grands, d’autres plus corpulents par exemple). Cependant, en général, les Noubas possèdent un corps bien construit, dû à une certaine génétique leur étant propre et à leur alimentation. Outre cela, ce sont des populations travaillant dur en raison des exigences de leur environnement de vie. Ils doivent construire leur propre maison, gagner leur vie par la culture agricole notamment, et s’atteler à tout type d’activité très physiques telles que couper les arbres, cultiver la terre, etc. Au-delà des capacités physiques et l’aptitude à supporter un travail pénible, le peuple Nouba est généralement caractérisé par son courage, sa bravoure, sa gentillesse et son hospitalité.

Enfin, pour comprendre le mode de vie et la culture des Noubas, il est extrêmement important de connaître la structure de leur société. Chaque ethnie est composée de plusieurs clans (suivant la lignée de la mère ou celle du père). Différentes lois régissent chacun d’eux, en ce qui concerne les obligations, les droits et les tabous. Le premier droit de chaque individu est de connaître son appartenance à un clan et à une ethnie. Cette double appartenance implique que l’individu passe différents rites de sa naissance jusqu’à sa mort, en tant que membre du clan et de l’ethnie.

 

 

BLACK PANTHERS

July 28, 1968 - Oakland, California, USA:

C’est le 15 Octobre 1966 à Oakland en Californie qu’une révolution est née. 

Dans un contexte de radicalisation du mouvement noir aux Etats-Unis, deux activistes, Bobby Seale et Huey P. Newton décident de fonder le Black Panther Party for Self-Defense. 

Leur mission ? Dénoncer la violence policière en Californie et rédiger un programme touchant nombre de problèmes sociaux dont les Afro-américains sont victimes.

L’année 1965 fut une année particulièrement violente pour la communauté afro-américaine : assassinat de Malcolm X, marche de Selma, émeutes multiples, etc. Suite à cela et dans un climat plus qu’électrique, Bobby Seale et Huey P. Newton créent le Black Panther Party for Self-Defense, connu comme les Black Panthers. À côté de la démarche non-violente à l’initiative du pasteur Martin Luther King, les Black Panthers s’affirment en tant que partisans d’une révolution et d’une approche moins conciliante.

Aujourd’hui, 54 ans après la création des Black Panthers, nous célébrons et continuons le combat. La liberté des Noirs, la fin de la brutalité policière trop banalisée, l’éducation de tous,  le respect et bien d’autres symboles sont toujours ancrées dans les esprits.

LA RÉBELLION DE STONO

Tout débuta le 6 septembre 1739 lorsque les esclaves de la colonie de Caroline du Sud décidèrent de se révolter pour prétendre à leur liberté. Bien que certains d’entre eux n’aient pas survécu, grâce à cette bataille, certains ont pu s’échapper. 

C’est donc le 9 septembre 1739 que vingt afro-américains se réunirent près de la rivière de Stono (d’où le nom symbolique de la rébellion), à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Charleston. Ils marchèrent le long de cette rivière, brandissant fièrement une banderole inscrite du mot « Liberté ! » et le chantant à l’unisson.

En arrivant au pont de Stono, ils prirent possession d’armes et munitions dans un magasin, tuant les deux employés. Ils se dirigèrent ensuite vers la Floride espagnole au sud qui était alors un refuge pour les esclaves fugitifs. En chemin, des nouveaux esclaves les joignirent, regroupant ainsi quatre-vingt personnes avides de liberté. 

Après avoir incendié sept plantations et tué vingt blancs, ils sont traqués par une milice formée par William Bull (gouverneur de Caroline du sud) et quatre de ses amis, rassemblant des propriétaires de plantations.

Le jour suivant, le groupe de quatre-vingt esclaves est rattrapé par la milice et une bataille éclata, tuant vingt blancs et quarante-quatre esclaves. Les autres esclaves furent capturés et décapités et leurs têtes furent exposées le long de la route menant à Charlestown.

La révolte de Stono servira d’exemple à de nombreuses révoltes dans les différentes colonies des États-Unis. 

Elle est aujourd’hui considérée comme la première et la plus grande révolte d’esclaves d’une colonie britannique avant la révolution américaine.

 

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CLAUDETTE COLVIN

C’est le 2 Mars 1955 à Montgomery, en Alabama, que Claudette Colvin « se lève et prend la parole » en restant assise. À seulement 15 ans, cette adolescente refuse de céder sa place à une femme blanche dans un autobus. 

9 mois avant l’action de Rosa Parks, figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale, Claudette Colvin prenait déjà position pour le respect de ses droits et ceux de tous les afro-américains.

Aujourd’hui âgée de 80 ans, Claudette Colvin continue son combat en partageant son histoire. Elle a été invitée, en mars 2020, au « Embrace Ambition Summit » organisée par la Fondation Tory Burch, à New York City. 

Retrouvez son interview avec Michele Norris ici.

LA REINE ABLA POKOU

Née au début du XVIIIe siècle, Abla Pokou est la nièce du roi Osseï Tutu, fondateur de la confédération Ashanti du Ghana. À la mort de son oncle, une guerre fratricide éclate au pays pour sa succession au trône. Abla Pokou se sentant en danger s’enfuit avec sa famille, ses serviteurs ainsi que ses soldats fidèles.

Selon la légende, son peuple et elle se retrouvent bloqués par le majestueux fleuve de La Comoé. La reine demanda alors à l’esprit de la rivière, quel était le moyen de passer et de sauver son peuple pour se rendre sur l’autre rive. L’esprit de la rivière exigea alors le sacrifice de ce que le peuple a de plus cher. Abla Pokou et ses fidèles comprennent alors que seul le sacrifice d’un enfant pourront leur permettre de passer.

La Reine Abla Pokou sacrifia alors son enfant unique pour la survie de son peuple et ils réussissent à traverser La Comoé. Après la traversée, la reine se retourna et dit “Bâ wouli” qui signifie “l’enfant est mort” et qui donnera le nom à son peuple, le peuple Baoulé.

French Deal rend hommage dans ses créations au peuple Baoulé et à la Reine Abla Pokou qui par son acte de bravoure, est parvenue à sauver les siens et à leur offrir une vie meilleure.
La veste Queen Pokou, entièrement réalisée en pagne traditionnel Baoulé est un hommage à l’ethnie Baoulé et à son histoire.

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Le pagne Baoulé

Pour sa dernière collection Volume 4, la maison French Deal met à l’honneur les racines africaines de son créateur Steeven Kodjia. La collection Volume 4 est alors au coeur de l’Afrique et plus précisément de la Côte d’Ivoire d’où les inspirations du directeur artistique sont puisées.
Steeven Kodjia mêle tradition et vestiaire contemporain avec notamment l’utilisation du pagne Baoulé, tenue traditionnelle Ivoirienne.

Le pagne Baoulé est un tissu traditionnel issu du royaume Ashanti.
Culture textile africaine authentique, le tissage du pagne Baoulé est réalisé minutieusement par des artisans tisserands. Décliné en bleu et en rouge pour Volume 4, il incarne le tissu et les couleurs phares de la collection.

Pour Volume 4, French Deal a décidé de réinventer le pagne traditionnel en l’intégrant dans un vestiaire urbain et moderne. Il prend vie sur des pièces intemporelles se mariant à la fois aux cultures africaines et françaises.

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BLACK HISTORY MONTH

Né esclave en 1818, Frederick Douglass a appris à lire en cachette, ce qui lui permit d’éveiller sa conscience sociale et politique pour combattre sa condition. À l’âge de 20 ans, il parvint à s’enfuir et à rejoindre le mouvement abolitionniste. Très éloquent, il fascine alors par son talent d’orateur dans les meetings et par ses récits autobiographiques (3 au total, entre 1845 et 1892) qui deviennent de véritables best-sellers.

En 1863, après l’abolition de l’esclavage aux États-Unis par Abraham Lincoln, il occupa des fonctions politiques importantes et milita pour l’adoption des 13, 14 et 15e amendements à la Constitution (respectivement l’abolition de l’esclavage, la définition de la citoyenneté et l’interdiction du déni du droit de vote fondé sur la race et la couleur).

Il reste aujourd’hui le pionnier de l’activisme noir et le grand artisan de l’abolition de l’esclavage. On lui doit la date de la célébration du « Black History Month ».